Dominique Cardon "le design de la visibilité"

    Dominique Cardon est sociologue au Laboratoire des usages d’Orange Labs et chercheur associé au Centre d’études des mouvements sociaux (CEMS/EHESS). Ses recherches sur « le design de la visibilité » exposent les différentes identités que l’on peut adopter sur l’internet et quelle visibilité ces identités numériques peuvent avoir en fonction des plateformes que l’on côtoie.

    Ses travaux actuels portent sur les relations entre les usages des nouvelles technologies et les pratiques culturelles et médiatiques. Il s’intéresse notamment aux transformations de l’espace public sous l’effet des nouvelles technologies de communication. Ses recherches récentes portent sur les réseaux sociaux de l’Internet, les formes d’identité en ligne, l’auto-production amateur et l’analyse des formes de coopération et de gouvernance dans les grands collectifs en ligne.

  • Le sociologue Dominique Cardon, décrit les différentes visibilités de nos Identités numériques avec des schémas très explicites. Voici son travail  :
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    Pour lui, l’internaute peut avoir 4 identités distinctes sur le net. La première identité est civile, c’est-à-dire que le monde entier peut avoir accès à qui vous êtes dans le réel. La seconde identité concerne ce que vous faites réellement de votre vie. C’est une identité dite agissante. La troisième identité est narrative, elle décrit ce que vous projetez de vous. La quatrième et dernière identité est virtuelle, c’est la représentation ce que vous voulez être. Pour synthétiser, il y a deux façons d’apparaitre sur l’internet, soit par l’extériorisation de soi, soit par la simulation de soi. Les deux apparitions peuvent être adoptées par un même utilisateur en fonction des plateformes qu’il côtoie. 

    Il y a de nombreuses visibilités que les sites du web 2.0 offrent à nos identités numériques. Dominique Cardon, compte cinq modèles différents d’éclairage.

Le « paravent », le « clair-obscur », le « post-it », le « phare », la « lanterna magica ». Tous sont illustrés sur ce schéma avec leurs caractéristiques et les plateformes qui correspondent.

    Dominique Cardon, classe ces visibilités sous des expressions permettant de comprendre comment interagissent les internautes sur le web 2.0 : « se cacher se voir » ou « montrer caché », ou encore « tout montrer tout voir », ou bien « se voir caché ».

    Les réseaux de communications virtuels sont très différents les uns des autres, ainsi la façon de communiquer diffère : certaines visibilités appartiennent à la théorie du « search and meet », d’autre au « sharing and bridging », ou à la théorie du « Bonding » ou encore à la théorie de la « double life ».

    Les tailles des réseaux sociaux, sont aussi différentes en fonction des plateformes, certains se parlent de façon plus ou moins privée, d’autres s’adressent uniquement à un réseau restreint de proches, et d’autres communiquent avec la terre en entière.

    Les internautes partent en quête de communication avec d’autres internautes de façons diverses, et dans des buts différents, ainsi la navigation sur le net pour accéder à un réseau social peut prendre de multiples formes.

Ces cinq modèles sont très distincts les uns des autres, mais il faut garder en mémoire qu’un individu côtoie souvent tous ces modèles là en même temps. Ses identités et ses visibilités sont donc diverses et variées. C’est en ça que réside la puissance des identités numériques.

Sources :

Cardon, D « Le design de la visibilité », in l’évolution des cultures numériques : De la mutation du lien social à l’organisation du travail / sous la direction de C.Licoppe, FYP Editions, 2009.
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